Articles de presse de la SSO - © SSO

La Société Suisse d’Odonto-stomatologie SSO donne régulièrement son avis sur des sujets ayant trait à l’exercice de la profession, à la politique corporative et à la médecine dentaire.

Recyclage des déchets

Berne, le 7 octobre 1998. Comme toutes les entreprises, les cabinets dentaires doivent se débarrasser de déchets de toutes sortes. Certains d’entre eux contiennent cependant du mercure. Aujourd’hui, la récupération et le recyclage de ce métal ne posent plus de problème.

Bien qu’élément naturel, le mercure est toxique et il faut tout faire pour éviter de rejeter dans la nature des déchets qui en contiennent. Les cabinets dentaires doivent par conséquent se soumettre à une réglementation très stricte pour l’évacuation des déchets étant donné que les amalgames utilisés en médecine dentaire contiennent du mercure. L’eau évacuée par les installations d’évacuation des unités de traitement des cabinets dentaires passe par des séparateurs d’amalgame qui captent 95 % des particules de mercure. Les restes de matériaux d’obturation, les dents extraites, les cotons salivaires et autres matériaux contenant du mercure sont entreposés dans des conteneurs pour déchets spéciaux, puis remis à la société biennoise Cendres & Métaux qui se charge de la récupération du mercure. Le traitement des déchets en conformité des normes environnementales en vigueur, occasionne des frais importants pour les médecins-dentistes.

Le recyclage des déchets contenant beaucoup de mercure, tels les restes d’amalgame ou les boues récupérées par le séparateur d’amalgames, ne pose guère de problème. Ceux-ci sont envoyés, avec l’autorisation des autorités compétentes, à des entreprises européennes de retraitement. Le mercure ainsi récupéré est en grande partie utilisé pour la production de tubes lumineux fluorescents ou de thermomètres.

La situation des déchets ne contenant que peu de mercure est toute autre. Au début des années 90 déjà, Cendres & Métaux avait tenté de développer une installation industrielle permettant d’éliminer les déchets faiblement contaminés par le mercure. Ce projet, qui aurait constitué une première mondiale, s’est finalement révélé techniquement irréalisable et économiquement non viable. Aujourd’hui encore, Cendres & Métaux centralise ces déchets, les débarrasse des corps étrangers au prix d’un travail manuel fastidieux puis les transfère à l’entreprise de recyclage de batteries usagées BATREC à Wimmis.

Lors de la première étape de traitement, les déchets provenant des cabinets dentaires sont réduits en petits morceaux et broyés, puis mélangés aux batteries usagées. Ce broyage permet d’en réduire le volume et d’optimiser leur transport au moyen de chaînes automatisées.

Le mélange de déchets dentaires et de batteries usagées est introduit dans un premier four vertical où il est soumis quatre heures durant à une température d’environ 750 degrés Celsius. Au cours de cette phase, les composants organiques sont brûlés et les cendres restent dans le four. Quant aux vapeurs de mercure, elles sont injectées dans l’installation de filtration des rejets gazeux où métal est séparé des gaz lors de diverses étapes de lavage et se dépose au fond d’une cuve. Le mercure est ensuite rassemblé dans un récipient qui prend la direction du laboratoire.

Au laboratoire, le mercure subit une première purification chimique avant d’être distillé sous vide. A l’issue de ces deux phases, le mercure a atteint un degré de pureté proche de 100 %. Tout le retraitement est bien évidemment effectué en circuit fermé. Les gaz passent à travers des filtres au charbon actif et sont réinjectés dans le processus de recyclage des autres déchets. Les sous-produits obtenus par ce procédé ne présentent aucun danger.

Vieil or pour la vue

Cécité due à la pauvreté

L’or dentaire rend la vue à ceux qui l’ont perdue

Berne, le 13 décembre 2007. Toutes les 5 secondes un être humain perd la vue et une fois sur douze la cécité frappe un enfant. Dans les pays les plus pauvres, près de la moitié des cas de cécité sont dus à la cataracte. La Société Suisse d’Odonto-stomatologie (SSO) et la Croix-Rouge suisse (CRS) lancent un appel à la population pour qu’elle participe cette année également à la campagne « Vieil or pour la vue ».

Dans les pays les plus pauvres, environ 124 millions d’êtres humains souffrent d’un handicap visuel et n’ont, le plus souvent, aucun accès à des soins médicaux. La Société Suisse d’Odonto-stomatologie (SSO) s’engage, en collaboration avec la Croix-Rouge suisse (CRS), en faveur de la prévention et du traitement de la cécité due à la pauvreté. La campagne « Vieil or pour la vue » rend la vue à des personnes qui l’ont perdue : l’année dernière, la campagne a permis à plus d’un demi-million de personnes de se faire examiner et soigner et 21 000 d’entre elles ont pu être opérées de la cataracte avec succès.

En 1980, Max Schatzmann, médecin-dentiste de Suisse orientale, a lancé la campagne « Vieil or pour la vue » pour financer ce projet d’entraide. Elle est actuellement poursuivie par la Croix-Rouge suisse et largement soutenue par la SSO : les patients sont invités à faire don de l’or dentaire et des bijoux en or ou en argent dont ils n’ont plus l’usage. La CRS conçu des enveloppes spécialement destinées à cet usage qui peuvent être obtenues auprès des médecins-dentistes. En 2006, la campagne a permis de réunir 1,3 million de francs – il est à noter que la plus grande partie de ce montant, soit 1,2 million de francs, est le résultat de la refonte d’or dentaire, de bijoux et d’autres métaux précieux. Les dons ainsi récoltés permettent à la CRS de financer des soins ophtalmologiques au Népal, au Tibet, au Ghana et au Togo.

Pour les habitants des pays pauvres, la perte de la vue est doublement douloureuse : celui qui souffre de cécité perd non seulement son autonomie, mais il devient en outre un poids pour sa famille. Dans les pays du tiers-monde comme le Népal, où les familles ont besoin de tous les bras, la perte de la vue de l’un de leurs membres peut entraîner toute la communauté dans une extrême pauvreté.

Dans le monde, on estime à 46 millions le nombre d’êtres humains qui ont perdu la vue. La cécité pourrait être évitée à peu de frais dans 80 % des cas : une opération de la cataracte, par exemple, ne coûte que 50 francs. Les médecins-dentistes suisses membres de la SSO lancent un appel à la population suisse pour qu’elle participe, cette année également, à la campagne « Vieil or pour la vue ». Elle rend la vue à des personnes qui l’ont perdue parce qu’ils sont pauvres – un cadeau d’une valeur inestimable.

La CRS accepte aussi l’or, les bijoux et les dons qui lui sont adressés directement : Croix-Rouge suisse « Vieil or pour la vue » Rainsmattstr. 10 / case postale 3011 Berne

CCP 30-4200-3 mention « Vue ».

Pour tout renseignement complémentaire : Felix Adank, Service de presse et d’information de la SSO, tél. 031 310 20 80

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Communiqué de presse « Vieil or pour la vue » (fichier pdf, 90 Ko)

Succion du pouce

Berne, le 30 mai 2001. Il n’est généralement pas nécessaire de s’inquiéter lorsqu’un bébé suce son pouce ou d’autres doigts. C’est un besoin naturel qui disparaît souvent spontanément. Toutefois, le fait de sucer son pouce trop longtemps (par exemple jusqu’à 5 ans) peut perturber l’évolution normale de la mâchoire et des dents. Les incisives poussent vers l’avant, affectant l’occlusion. L’enfant peut même développer des problèmes d’élocution.

Les enfants peuvent sucer leur pouce pour diverses raisons. Pour certains psychanalystes, il s’agit d’un plaisir infantile qui n’a rien à voir avec une sensation de faim. Pour d’autres, l’enfant découvre ce geste par hasard et l’associe à la nourriture. Les uns et les autres sont cependant d’accord sur le fait que le nourrisson auquel on donne une lolette au cours de ses premiers mois d’existence risque moins de sucer son pouce.

Chez la plupart des enfants, cette habitude disparaît sans trop de problèmes. Les malpositions éventuelles de la denture se corrigent souvent spontanément, c’est-à-dire sans intervention. Néanmoins, quand l’enfant suce son pouce avec force et longtemps, les conséquences peuvent être plus graves. Les dents sont forcées dans une mauvaise position, appelée occlusion de propulsion ou, plus communément, « dents de lapin ». De telles malpositions peuvent provoquer un zézaiement et lorsque, en suçant son pouce, l’enfant appuie avec un ou plusieurs doigts contre son nez, il peut même arriver que celui-ci se déforme.

Il est donc conseillé de désaccoutumer l’enfant vers l’âge de trois ans. La meilleure solution consiste à ce qu’il prenne lui-même conscience de la nécessité de cesser de sucer son pouce. On peut, par exemple, lui montrer les conséquences de son geste à l’aide d’un miroir et, avec lui, chercher une solution. L’enfant qui comprend les raisons pour lesquelles il ne doit plus sucer son pouce est aussi disposé à coopérer et motivé à arrêter. Parfois, il peut s’avérer utile de faire appel au père Noël, au médecin-dentiste ou à l’orthophoniste pour discuter avec l’enfant.

Une fois que l’enfant a décidé d’arrêter de sucer son pouce, un jeu peut le motiver et l’aider à se contrôler. La difficulté réside dans le fait que sucer son pouce est la plupart du temps un comportement inconscient. On peut, par exemple, proposer à l’enfant de se donner lui-même des bons et des mauvais points selon qu’il a réussi ou non à passer une nuit sans sucer son pouce et lui promettre qu’il recevra un cadeau lorsqu’il sera parvenu à atteindre son objectif, pour ainsi mettre un point final au traitement.

Diabète

Berne, le 25 juillet 2001. Un diabète non contrôlé peut porter atteinte à plusieurs organes importants du corps, notamment aux yeux, aux nerfs, aux reins ou au cœur. On constate en outre que les diabétiques sont très sensibles à la gingivite, à la parodontite et à d’autres affections buccales.

Le sang alimente les tissus de notre corps en oxygène et d’autres éléments vitaux et, par voie de retour, transporte les déchets du métabolisme vers les organes qui les éliminent. L’épaississement des parois vasculaires, qu’il soit dû à l’âge ou à la maladie, ralentit le métabolisme, réduisant du même coup la résistance de la gencive et du tissu osseux qui soutient la dent aux inflammations.

Comme toutes les autres complications du diabète, les problèmes de gencives sont aggravés, voire provoqués par un diabète mal contrôlé. Les adultes et les enfants dont le taux de glycémie est trop élevé souffrent souvent de gingivite et, chez ces patients, la parodontite gagne très rapidement du terrain. Plus l’environnement contient du sucre, plus les germes présents dans la cavité buccale prolifèrent vite. Lorsque le taux de sucre augmente dans le sang, la teneur en glucose de la salive s’accroît également. Les germes se multiplient, entraînant gingivite et parodontite. Le cas échéant, un bon contrôle du diabète reste la meilleure protection contre les affections de la gencive et leurs conséquences.

Le diabète est susceptible de déclencher ou d’aggraver d’autres affections buccales. L’incidence de la carie n’est toutefois pas plus élevée chez les jeunes diabétiques que chez les jeunes en bonne santé. Au contraire, les diabétiques qui contrôlent bien leur diabète et qui respectent une bonne hygiène dentaire n’ont que peu de caries parce que leur nourriture est moins riche en sucre.

Les diabétiques sont en revanche sensibles aux infections fongiques (mycoses). En effet, les mycoses se développent facilement lorsque le taux de glucose dans la salive est élevé. Des médicaments permettent de soigner de telles infections. Un diabète bien contrôlé, l’abstention du tabagisme et une bonne hygiène bucco-dentaire permettent toutefois de les éviter.

Une bouche sèche est souvent le signe d’un diabète non détecté. Elle est non seulement source de gêne, mais peut aussi être à l’origine de douleurs, d’aphtes, de gingivites et de caries. En effet, la salive est une protection naturelle essentielle de la cavité buccale et des problèmes apparaissent dès qu’elle n’est plus présente en quantité suffisante.

La meilleure manière d’éviter les problèmes susmentionnés est donc de soigner et de préserver ses dents le plus longtemps possible grâce à des contrôles dentaires et à une hygiène buccale rigoureux.

Le fluor

Berne, le 4 décembre 2007. La carie dentaire n’a cessé de reculer au cours de ces dernières décennies. Cette amélioration est en grande partie à porter au crédit la prophylaxie par le fluor recommandée par la Société Suisse d’Odonto-stomatologie (SSO) : le fluor renforce l’émail dentaire et le rend plus résistant aux acides. Il peut même résorber une carie naissante.

L’utilisation généralisée du fluor est la principale raison de la diminution du nombre de caries dentaires observée au cours de ces dernières décennies, en Suisse comme dans de nombreux pays industrialisés du monde entier. Le fluor renforce l’émail dentaire et le rend plus résistant aux acides produits par les bactéries de la plaque dentaire.

Outre une alimentation saine et respectueuse des dents et une bonne hygiène bucco-dentaire, la prophylaxie passe par l’utilisation régulière de produits contenant du fluor.

Le fluor agit directement sur l’émail des dents en

  • augmentant sa résistance aux acides,
  • ralentissant la décalcification (déminéralisation), et en
  • favorisant la reminéralisation de l’émail par l’action de la salive, permettant ainsi de stopper l’évolution d’une carie naissante, voire de la résorber.
La SSO recommande donc de brosser régulièrement les dents avec des dentifrices et des gelées fluorés, d’utiliser le sel de table fluoré (paquet Jura-Sel avec la bande verte) pour cuisiner au quotidien.

Dès l’éruption de la première dent de lait, il faut brosser les dents des petits avec un dentifrice pour enfant (teneur en fluor de 0,025 %). La valeur d’un « petit pois » de dentifrice fluoré pour enfant suffit. Dès que l’enfant a deux ans, il faut augmenter la fréquence des brossages à deux fois par jour. Après l’éruption de la première molaire définitive (au plus tard à partir de 6 ans), la SSO recommande l’utilisation d’un dentifrice pour juniors ou normal contenant jusqu’à 0,15 % de fluor.

Les adultes devraient dans la mesure du possible brosser leurs dents après chaque repas avec un dentifrice fluoré, mais au minimum deux fois par jour. L’un des brossages quotidiens doit être particulièrement soigneux afin d’éliminer la plaque. Cracher après le brossage, ne pas rincer avec de l’eau. C’est ainsi qu’on obtient la meilleure efficacité du fluor.

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Communiqué de presse « Le fluor » (fichier pdf, 63 Ko)

Médecine dentaire légale

Les dents renseignent

Berne, le 14 novembre 2006. Les dents ne sont pas seulement des outils destinés à la mastication et les charmantes ambassadrices d’un éclatant sourire : elles renseignent aussi. En cas de catastrophe, de crime ou de procédure d’asile, des experts en médecine dentaire légale travaillent à l’identification de personnes décédées inconnues et de personnes vivantes. Le dernier numéro de la « Revue mensuelle suisse d’odontostomatologie » (11/2006) donne une bonne vue d’ensemble des activités ce ces experts hautement qualifiés. Outre l’analyse ADN et les empreintes digitales, la médecine dentaire légale permet de déterminer avec certitude l’identité d’une personne.

La vague dévastatrice du tsunami, qui a notamment touché, il y a deux ans, le paradis thaïlandais de vacances de Phuket, a laissé des traces encore visibles aujourd’hui. A ce jour, les équipes internationales du Disaster Victim Identification (DVI) sont parvenues à identifier plus de 90 % des personnes d’origine étrangère qui ont perdu la vie en Thaïlande. Parmi celles-ci, l445 ont été identifiées grâce aux méthodes de médecine dentaire légale, ce qui représente près de 80 % des identifications réussies et plus de 70 % de l’ensemble des victimes. Des médecins-dentistes suisses font partie des experts engagés en Thaïlande. L’odontologie légale joue un rôle important au plan international. Elle est l’une des méthodes de référence pour l’identification de victimes inconnues appliquée lors de catastrophes. Le cas échéant, les dents qui ont échappé à la destruction sont comparées au status dentaire et aux radiographies des personnes disparues. Cette comparaison est même possible pour des victimes ayant subi des brûlures qui les ont rendues complètement méconnaissables : les dents et les matériaux d’obturation peuvent résister à des températures allant jusqu’à 1200 degrés Celsius !

En plus de l’identification des personnes, la médecine dentaire légale se penche également sur des affaires criminelles. Lorsque l’auteur d’un crime a laissé sur les lieux de son forfait des traces de morsure, l’analyse de ces dernières peut contribuer la mise en cause d’un suspect. L’évaluation de l’âge de personnes qui ne peuvent ou ne veulent pas le déclarer - essentiellement dans les cas de procédures d’asile – constitue un nouveau champ d’application de la médecine dentaire légale. Lorsqu’à leur arrivée en Suisse, des requérants d’asile font des déclarations insuffisantes ou peu crédibles au sujet de leur âge et qu’elles ne disposent pas de pièces d’identité valables de leur pays d’origine, les autorités font de plus en plus souvent appel aux méthodes médico-légales pour déterminer l’âge. Dans ce cas de figure, un groupe de travail interdisciplinaire spécialisé dans l’évaluation médico-légale de l’âge interroge et examine le requérant d’asile concerné, prend ses mensurations et recherche les signes de maturité sexuelle et, en se fondant sur le développement dentaire et osseux, détermine son âge de façon aussi précise que possible. Outre les médecins légistes, des médecins-dentistes et des radiologues font également partie de tels groupes interdisciplinaires.

Les médecins-dentistes qui exercent une activité en médecine légale se sont réunis à l’échelon suisse. Leur rôle ne devrait pas manquer de prendre de l’importance eu égard à l’augmentation du nombre des catastrophes et des migrations.

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Dossier de presse Médecine dentaire légale (fichier pdf, 76 Ko)

Hypnose

Berne, le 9 mars 2007. Le bruit de la fraise et la crainte de la douleur suscitent la peur chez de nombreux patients. Il est pourtant possible de vaincre la peur du dentiste : les médecins-dentistes disposent de méthodes d’anesthésie modernes qui empêchent la propagation du message douloureux vers le cerveau. Dans ce domaine, l’hypnose peut également apporter une aide douce.

En Suisse, les traitements dentaires sous hypnose sont encore peu courants. En Suède, l’hypnose est déjà utilisée par environ un cabinet dentaire sur deux. L’hypnose repose sur des fondements scientifiques. Elle offre des possibilités nouvelles pour des traitements sans douleur, sans peur, sans réflexe vomitif et, dans certains cas, sans anesthésie.

Le terme hypnose vient du grec ancien où hypnos signifie sommeil. Paracelse déjà recommandait de soigner les maladies nerveuses en recourant à l’hypnose. Aujourd’hui encore, cette méthode est considérée comme appropriée pour ces maladies. Intéressée par ces succès thérapeutiques, la médecine dentaire s’est, relativement récemment, intéressée à l’utilisation de l’hypnose qu’elle a considérablement développée.

L’hypnose mobilise les aptitudes mentales et psychiques propres au patient. L’état d’hypnose est provoqué au moyen de stimuli vocaux ou comportementaux. La collaboration active du patient est un facteur important de réussite. Au cabinet dentaire, l’hypnose aide avant tout les patients anxieux. A défaut de les rendre agréables, elle contribue à rendre les soins supportables. L’hypnose permet également de contrôler le réflexe vomitif, de faciliter l’adaptation à une prothèse dentaire ou de détendre les muscles de la mâchoire. Cette méthode est particulièrement efficace pour le traitement de différents troubles fonctionnels de la mastication et de l’articulation temporo-mandibulaire dus à des problèmes d’occlusion, au grincement des dents ou aux contractures.

En Suisse, deux sociétés d’hypnose se sont constituées pour protéger les patients contre les abus : la
Société médicale suisse d’hypnose (SMSH), à Stansstad et la Société d’hypnose clinique de Suisse (SHypS), à Zurich. Leurs membres s’engagent à respecter des directives thérapeutiques et éthiques très strictes. Les personnes qui désirent en savoir plus sur l’hypnose ou qui souhaiteraient entreprendre un traitement dentaire sous hypnose, peuvent obtenir des renseignements détaillés auprès de ces deux associations qui fournissent également les adresses des praticiens qui en sont membres.

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Problèmes de mâchoire

Quand la mâchoire fait mal

Berne, le 17 mai 2000. On se réveille un beau matin en ayant mal à la mâchoire. On a tout à coup des difficultés à mastiquer et de la peine à ouvrir la bouche. Mais que s’est-il donc passé ? Les spécialistes mis à part, rares sont les personnes qui savent comment la mâchoire fonctionne.

Les troubles fonctionnels de l’articulation temporo-mandibulaire (ATM) sont beaucoup plus fréquents qu’on ne le pense. Cette articulation et les muscles qui s’y attachent permettent de mastiquer, d’avaler, de parler et de bâiller. Lorsqu’elle ne fonctionne plus correctement, on sent une douleur à l’endroit de l’articulation, juste devant l’oreille. De là, la douleur irradie fréquemment de tous côtés : en direction de la bouche, derrière l’œil, vers la tempe, derrière la tête et se propage souvent jusque dans l’épaule en passant par la nuque. La mastication devient douloureuse et des bourdonnements ou des sifflements d’oreille peuvent apparaître. La manifestation unilatérale de ces symptômes est caractéristique de troubles de l’ATM.

On associe ces dysfonctionnements à divers facteurs. Le stress en est un. En situation de stress, de nombreuses personnes serrent, voire grincent des dents. Les chutes et les coups portés au visage peuvent également provoquer des dysfonctionnements – et des douleurs – durables. Une modification de la position des dents, qu’elle soit due à une correction ou à la pose de prothèses, des dents manquantes, une prothèse mal ajustée, voire de mauvaises habitudes telles que fumer la pipe ou mâchouiller des crayons sont fréquemment source de problèmes.

Les maux de tête et les douleurs cervicales peuvent être révélateurs d’une dyskinésie dans la région des vertèbres cervicales ou de l’ATM. Ces problèmes s’accompagnent souvent de craquements de la mâchoire et peuvent gêner, voire empêcher la mastication et aller jusqu’à bloquer l’articulation.

Quelques conseils

Lorsque les problèmes de ce genre sont dus à une trop grande tension musculaire, il faut commencer par détendre les muscles de l’ATM en appliquant des compresses chaudes puis en les massant avec précaution. Il faut aussi éviter, durant quelque temps, de manger des aliments durs ou collants (pas de chewing-gum) et d’ouvrir trop la bouche en bâillant.

Les symptômes disparaissent souvent spontanément au bout de quelques jours ou de quelques semaines. Il peut toutefois arriver que le rétablissement s’avère plus long. Le cas échéant, il vaut mieux consulter un médecin-dentiste pour traiter le problème efficacement. Après examen, au besoin au moyen d’une radiographie, le praticien sera en mesure de poser un diagnostic précis.

Dents de lait

Berne, le 23. août 2006. Dans le temps, la sagesse populaire voulait que chaque enfant coûte une dent à sa mère. Cela n’est plus vrai de nos jours. Chez la femme enceinte, les changements hormonaux peuvent certes entraîner des inflammations des gencives. Une hygiène bucco-dentaire adéquate permet néanmoins de venir à bout de ce problème. Chez le nouveau-né, la prévention de la carie commence par une utilisation correcte de la tétine et du biberon. Il faut procéder à des brossages réguliers dès l’éruption des premières dents de lait. La SSO a publié deux nouvelles brochures qui fournissent de précieuses informations sur ces sujets.

Les modifications hormonales durant la grossesse rendent les gencives plus vulnérables à l’inflammation. L’élimination méticuleuse et quotidienne de la plaque dentaire revêt donc une importance particulière durant cette période. Après des vomissements ou un renvoi acide, la femme enceinte devrait se rincer immédiatement la bouche avec de l’eau, du lait ou mieux un bain de bouche fluoré. Elle doit en tous les cas éviter de se brosser les dents dans les minutes qui suivent, car l’acide ramollit l’émail des dents.

Après la naissance de bébé, le respect de quelques règles d’hygiène élémentaires est indispensable : les parents et autres proches doivent notamment éviter de lécher les tétines, les sucettes ou les cuillères de bébé pour éviter de lui transmettre des bactéries. Il ne faut pas non plus ajouter de compléments sucrés dans les biberons ou les bouillies, ni tremper les tétines dans du sucre ou du miel. Le lait maternel et l’eau du robinet suffisent parfaitement à étancher la soif. Ne jamais laisser à l’enfant des biberons pour la nuit – téter en permanence nuit aux dents !

Dès l’apparition des premières dents de lait, il faut commencer à les brosser avec une brosse à dents souple pour enfants et une petite quantité de dentifrice fluoré pour enfants. Lorsqu’il le désire, il faut laisser l’enfant se brosser les dents tout seul ; il le fait en général par désir d’imiter les gestes des parents. Le cas échéant, ceux-ci devraient ensuite les brosser une seconde fois, correctement. Dès douze mois, il est recommandé de remplacer les biberons par une alimentation solide et d’habituer l’enfant à boire dans une tasse. Les fruits frais, les légumes cuits (carottes, pommes de terre, courgettes, fenouil), les céréales (pain, millet, maïs, riz ou galettes de riz) et les produits laitiers (lait entier, yaourt, séré ou fromage mi-gras) lui conviennent particulièrement bien.

Les conseils ci-dessous sont valables aussi bien pour la femme enceinte que pour l’enfant en bas âge :

  • Pas d’en-cas, de collation et de boissons sucrés.
  • Préférer les produits munis du label Sympadent en cas d’envie irrésistible de sucreries.
  • Se brosser les dents au moins deux fois par jour avec un dentifrice fluoré.
En collaboration avec différentes sociétés de discipline, la SSO a édité deux nouvelles brochures contenant de nombreux conseils utiles : Des dents saines pour la femme enceinte et son bébé (fichier pdf, 703 Ko). Les parents peuvent se les procurer chez leur médecin ou médecin-dentiste.

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Dossier de presse Hygiène buccale (fichier pdf, 66 Ko)

Mauvaise haleine

La mauvaise haleine – un fléau très répandu

Berne, le 13 mars 2008. Des enquêtes médicales ont montré que la mauvaise haleine est beaucoup plus fréquente que ce qui est communément admis – environ un tiers, voire près de la moitié de la population souffre occasionnellement d’halitose et une personne sur vingt en est chroniquement affectée. Dans 85 à 90 % des cas, la mauvaise haleine est due à la présence de bactéries dans la bouche et sur la surface de la langue. L’odeur désagréable perçue par l’entourage est celle des composés sulfurés volatils (CSV) produits lors des processus de décomposition. Dans la plupart des cas, une hygiène bucco-dentaire soigneuse, un nettoyage mécanique de la surface de la langue et un traitement dentaire permettent de venir à bout de la mauvaise haleine.

La mauvaise haleine préoccupait déjà les Grecs et les Romains de l’Antiquité. A chaque culture ses remèdes : le persil en Italie, le clou de girofle en Iraq ou les coquilles d’œuf en Chine. En Europe, jusqu’au début du XVIIe siècle, on préconisait des bains de bouche à base d’urine.

La mauvaise haleine, halitose (du grec ancien
halitosis « mauvais souffle ») ou foetor ex ore (« puanteur, pourriture de la bouche » en latin) en jargon médical, peut avoir plusieurs origines telles qu’inflammation des gencives (gingivite), maladie des tissus de soutien des dents (parodontite), poches gingivales, langue chargée ou caries. La sécheresse de la bouche (due à l’âge ou provoquée par des médicaments), le jeûne, le stress ou une consommation exagérée d’alcool peuvent également être à l’origine d’une mauvaise haleine. Dans 85 à 90 % des cas, le problème réside au niveau de la langue et de la cavité buccale qui comportent de nombreuses niches dans lesquelles les bactéries peuvent se loger et se multiplier. Si ces bactéries ne sont pas éliminées par un nettoyage régulier des dents et de la langue, des composés sulfurés volatils (CSV) dont l’odeur est incommodante se forment lors des processus de décomposition bactériens.

Dans la majorité des cas, une hygiène bucco-dentaire soigneuse permet de venir à bout de l’halitose. Ainsi, il faut se nettoyer les dents et les espaces interdentaires avec soin au moyen d’une brosse à dents, de brossettes interdentaires et de dentifrice. Les médecins-dentistes recommandent également un nettoyage régulier de la surface de la langue avec une brosse à dents, une brosse spéciale ou un gratte-langue. La langue abrite environ 60 % de tous les microorganismes de la bouche ! Une autre mesure efficace consiste à rincer la bouche avec des solutions contenant de la chlorhexidine. Les inflammations des gencives et des tissus de soutien des dents exigent en outre des soins par le médecin-dentiste et l’hygiéniste dentaire.

Dans 5 à 8 % des cas, l’halitose a une autre origine telle que problèmes digestifs, inflammation de la région pharyngée ou diabète. Des examens et des soins médicaux approfondis sont indispensables lorsque la mauvaise haleine est due à une maladie. En règle générale, la mauvaise haleine disparaît avec la guérison de l’affection aiguë.

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Communiqué de presse « Halitose » (fichier pdf, 69 Ko)

Noma

Le noma ravage le visage des enfants

Berne, le 22 mai 2008. La Société Suisse d’Odonto-stomatologie, en collaboration avec l’OMS et la FDI, apporte son soutien à la première Journée mondiale du noma et lance un appel à la solidarité et à l’aide à la population suisse.

Celui qui a vu de ses propres yeux des cas de noma ne parvient plus jamais à oublier les visages mutilés des enfants qui en sont victimes. Le noma, une gangrène foudroyante des muqueuses, provoque des œdèmes irréversibles qui gagnent le visage des petites victimes et conduit presque inexorablement à la mort. Favorisé par le manque d’hygiène et la malnutrition, le noma est l’une des caractéristiques du fossé d’inégalité qui sépare les nations riches du monde des démunis qui souffrent de la faim. Il est à noter que cette maladie sévissait également en Europe jusqu’au début du XXe siècle.

En 1994, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré le noma problème de santé publique. Cette maladie survient partout dans le monde où sévissent la faim et le manque d’hygiène. Les pays les plus touchés sont situés dans les régions particulièrement pauvres du monde, principalement en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud. Chaque année, on recense quelque 140 000 nouveaux cas de noma et le taux de mortalité varie entre 70 et 80 %.

Pour éradiquer ce fléau, un grand nombre d’organisations se sont regroupées au sein de la fédération internationale « No-Noma ». Regroupant plus de 130 organisations dans de plus de 125 pays, la Fédération dentaire internationale (FDI) en fait aussi partie. Membre actif de la FDI depuis de nombreuses années, la Société Suisse d’Odonto-stomatologie (SSO) s’engage au plan international en faveur d’une meilleure hygiène bucco-dentaire et pour l’éradication du noma.

En collaboration avec l’OMS et la FDI, la SSO, apporte son soutien à la première Journée mondiale du noma du 22 mai 2008 et invite la population suisse à offrir son aide afin que les enfants n’aient plus jamais à souffrir de cette maladie défigurante. Les dons peuvent être adressés à l’Association Noma-Hilfe Schweiz,
www.noma-hilfe.ch.

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Communiqué de presse « Noma » (fichier pdf, 64 Ko)
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Piercing

Berne, le 20 juillet 2007. Les piercings de la langue et des lèvres sont très appréciés des jeunes, qui les considèrent comme des parures exotiques. Du point de vue de la médecine dentaire, il y a lieu d’émettre des réserves : la présence de métaux dans la bouche peut léser la langue, les dents et les gencives. Dans de rares cas, elle peut aller jusqu’à la perte d’une dent. La Société Suisse d’Odonto-stomatologie recommande de faire contrôler régulièrement les piercings de la région buccale – et, en cas de doute, d’y renoncer.

La mise en place d’objets en acier chirurgical, en niobium ou en titane, après le percement de la langue ou des lèvres, est de plus en plus appréciée des jeunes. De telles interventions ne sont pourtant pas dénuées de risques : le percement de la langue, par exemple, provoque dans les premiers jours un important œdème et des douleurs. Le contact permanent du piercing avec la salive et la nourriture engendre un risque accru d’infections – un travail effectué de façon stérile et des contrôles à la suite de la mise en place sont par conséquent indispensables. En cas d’inflammation ou de formation d’abcès, il importe d’entreprendre rapidement un traitement pour éviter des dommages permanents à la langue.

Les gencives et les dents sont elles aussi menacées : la pression du métal ou ses mouvements répétés dans la bouche peuvent conduire à l’atrophie des gencives, à des fissures ou des fragmentations au niveau de l’émail. Les piercings de la langue et des lèvres lèsent surtout la gencive au niveau des molaires et des incisives inférieures. Il peut en résulter, après quelques mois déjà, une rétraction de la gencive qui met les collets dentaires à nu. Les conséquences en sont : hypersensibilités des dents et dégénérescence du parodonte allant jusqu’à la possible perte d’une dent.

Ce sont surtout les embouts, petites plaques ou boules métalliques placées à l’intérieur de la bouche, qui peuvent blesser les dents, les gencives et la muqueuse buccale. Ainsi, par exemple, une boule métallique à la lèvre inférieure peut exercer une pression sur la gencive, entrainant le risque de formation de poches au niveau des gencives. Celui qui est porteur d’un piercing de la bouche doit faire preuve d’une hygiène bucco-dentaire particulièrement soignée. Il doit se brosser les dents trois fois par jour avec une brosse à dents souple. Le piercing doit être enlevé régulièrement et nettoyé, puisque le tartre peut s’y déposer.

Même une hygiène scrupuleuse ne peut éviter l’apparition de problèmes dentaires en cas de piercing. La SSO recommande de faire contrôler régulièrement les dents et les gencives par un médecin-dentiste pour reconnaître à temps l’apparition de lésions et les traiter. En cas de persistance des problèmes, une seule règle : plutôt renoncer au piercing que courir le risque de la perte d’une dent !

Les conséquences les plus fréquentes du piercing au niveau de la bouche sont :

  • douleurs, saignements, inflammations
  • inflammation des gencives, atrophie des gencives
  • fissures, fragmentations de l’émail dentaire
  • modification de l’implantation dentaire
  • difficultés masticatoires, troubles de l’élocution


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Elimination de la plaque

A elle seule, la brosse à dents ne permet pas d’éliminer complètement la plaque !

Berne, le 20 juin 2001. Les bactéries installées dans les espaces interdentaires y trouvent des conditions idéales de prolifération. Elles sont à l’abri des frottements naturels (langue, joue) et de l’action mécanique de la brosse à dents. De plus, le degré d’humidité de la cavité buccale et sa température leur offrent de très bonnes conditions de croissance. Le brossage quotidien des dents ne suffit donc pas à les éliminer.

L’organisme répond à cette agression bactérienne par une inflammation gingivale et des saignements rendant tout nettoyage correct de cet espace interdentaire de plus en plus difficile au fur et à mesure de sa progression étant donné que les brosses à dents, même très souples, ne peuvent convenablement y pénétrer.

Il existe toute une série de moyens complémentaires à la brosse à dents qui permettent d’éliminer la plaque bactérienne accrochée dans les espaces interdentaires : le
fil dentaire, les brossettes interdentaires et les cure-dents.

Le
fil dentaire permet, par frottement, d’éliminer la plaque bactérienne dans les espaces interdentaires, à l’abri de la brosse dents. Autrefois, le fil ciré, plus facile à manipuler, était moins efficace que le fil non ciré. Grâce à l’utilisation de cires hydrophiles, le fil ciré moderne a comblé ce handicap.

Par un mouvement de va-et-vient horizontal, la
brossette interdentaire élimine elle aussi la plaque bactérienne des espaces interdentaires suffisamment larges pour permettre son passage.

Le
cure-dents utilisé pour l’hygiène dentaire n’est pas rond. Fait de bois tendre, il est de section triangulaire. Les cure-dents ronds ou en plastique que l’on trouve dans les restaurants permettent de déloger les restes de repas mais pas la plaque dentaire.

Les
solutions de rinçage spécifiques que l’on trouve dans le commerce font bien plus que rafraîchir l’haleine. Leurs propriétés antibactériennes douces combattent la formation de la plaque et, le cas échéant, permettent de réduire le saignement de la gencive. Grâce à l’adjonction de fluorures, certaines solutions de rinçage ont également un effet désensibilisant très apprécié des personnes dont les dents sont sensibles au froid ou au chaud. Les personnes dont la muqueuse buccale est très sensible ou qui souffrent de sécheresse buccale peuvent utiliser des solutions sans alcool.

La mastication d’un
chewing-gum sans sucre renforce la salivation naturelle. La salive contribue au nettoyage des surfaces dentaires, elle ralentit la formation de tartre et réduit le risque de carie.

La soie dentaire, les brossettes interdentaires et les cure-dents viennent judicieusement compléter l’action de la brosse à dents, sans toutefois la remplacer.

Hygiène et cabinet dentaire

Berne, le 24 février 2000. L’exercice de la médecine dentaire comporte par la force des choses des risques d’infection. Protéger le personnel du cabinet et le patient de toute contamination est une priorité. Dans notre pays, les mesures d’hygiène au cabinet dentaire vont donc de soi.

Parce que les maladies contagieuses sont légion et que, la plupart du temps, il ignore si son patient en est ou non atteint, le médecin-dentiste doit partir du principe que chaque traitement constitue une source de contamination potentielle. Il est donc tenu de prendre des mesures d’hygiène généralisées afin de supprimer tout risque de transmission infectieuse d’une personne à une autre.

Comme c’est le cas de tous les milieux médiaux, les sources d’infection potentielles sont nombreuses. Le personnel du cabinet doit par conséquent veiller à la propreté générale du cabinet, à la désinfection ou à la stérilisation des instruments et, le cas échéant, au port de protections adéquates.

Toutes les surfaces susceptibles d’entrer en contact avec la salive, le sang, des objets ou des matériaux potentiellement porteurs d’agents infectieux sont désinfectées avant et après le traitement de chaque patient. Tous les instruments – hormis ceux à usage unique – sont nettoyés avec minutie puis désinfectés ou stérilisés selon des méthodes éprouvées.

Le personnel doit se protéger non seulement pour sa propre sécurité, mais également pour éviter tout risque d’infection croisée (c’est-à-dire le risque de contaminer d’autres patients après avoir été contaminé soi-même). Chaque traitement médico-dentaire comporte un certain nombre de risques et l’équipe soignante doit prendre des mesures préventives en rapport avec chaque situation. Ainsi, ses membres doivent porter des gants de protection lorsque leurs mains entrent en contact avec de la salive susceptible de contenir des traces de sang. Ils porteront également des lunettes et un masque de protection lorsqu’ils doivent s’attendre à des projections liquides hors de la bouche du patient. Ce faisant, ils se protégent des maladies que le patient pourrait leur transmettre.

Des maladies graves telles que le sida ou l’hépatite sont transmissibles par le sang ou d’autres fluides corporels. C’est pour cette raison que le médecin-dentiste et les membres de son équipe doivent se protéger en conséquence.

Radiographies dentaires

Berne, le 20 octobre 1999. Les radiographies de contrôle permettent un dépistage précoce des caries et autres problèmes bucco-dentaires. Il est important de faire des radiographies de contrôle chez les enfants et les jeunes en fin de scolarité.

Les radiographies permettent au médecin-dentiste de poser un diagnostic et de proposer un traitement approprié longtemps avant qu’un problème devienne visible à l’œil nu ou puisse être perçu par le patient. Elles révèlent notamment les caries interproximales (entre les dents), sous-gingivales ou sous une obturation, les résorptions osseuses des maxillaires (qui peuvent être un signe de parodontite), les dents incluses (des dents de sagesse le plus souvent), les racines dentaires anormalement grandes ou recourbées (qui requièrent une attention particulière lors d’un traitement de racine, d’une extraction ou d’une restauration), la présence d’abcès, les infections radiculaires (dues aux dents cassées ou endommagées) et les malformations osseuses.

C’est le médecin-dentiste qui détermine la fréquence des radiographies en fonction des besoins individuels de chaque patient. Il tient compte de l’âge et de l’état de santé général du patient et, pour les femmes, il se renseigne sur une éventuelle grossesse. Pour les nouveaux patients, il effectue dans la plupart des cas plusieurs radiographies de l’ensemble de la cavité buccale afin d’évaluer l’état de santé bucco-dentaire général et de déceler toute éventuelle affection du parodonte. Ces radiographies peuvent également servir de comparaison en cas d’intervention dentaire et constituent un élément important du dossier du patient. Par la suite, à intervalles appropriés, le médecin-dentiste effectue des radiographies de la bouche de ses patients réguliers afin de pouvoir constater d’éventuelles modifications et identifier les problèmes de façon très précoce. Il a été démontré que sans radiographies dentaires, 50 % des lésions dentaires ne seraient pas détectées, ou alors beaucoup trop tard.

Il y a plusieurs sortes de radiographies

Une radiographie panoramique (ou orthopantomogramme) permet de voir l’ensemble de la structure de la bouche en une seule image. Les radiographies interproximales (
bitewing) révèlent la présence de lésions sur la surface de contact interdentaire et les radiographies périapicales montrent la structure des racines, la position des os et les modifications osseuses ainsi que les kystes et les abcès.

La Société Suisse d’Odonto-stomatologie SSO est sensible aux craintes du patient liées à son exposition aux radiations. Les membres de la SSO suivent les progrès de la technologie médico-dentaire de près et savent précisément comment minimiser l’exposition aux radiations. De plus, les appareils à rayons X utilisés dans les cabinets dentaires sont périodiquement contrôlés par des experts fédéraux.

Les nouvelles technologies comme le scanner, l’imagerie par résonance magnétique (IRM) et les radiographies numériques réduisent fortement, voire éliminent l’exposition aux radiations. De nos jours, la dose d’irradiation nécessaire pour les radiographies dentaires est si infime qu’il n’y pas lieu de s’en inquiéter.

Carie du biberon

Berne, le 6 août 1998. Les parents ajoutent très souvent du sucre dans le biberon de thé ou d’eau sous prétexte qu’il est source d’énergie et qu’il aide à déconstiper ou que l’enfant l’apprécie. Croyant que c’est bon pour la santé de leur petit, ils sont également nombreux à verser des jus de fruits purs dans son biberon. Ces jus frais ne contiennent certes pas de sucre ajouté, mais ils sont acides et attaquent l’émail des dents. Toutes ces boissons contribuent à l’éclosion de problèmes dentaires chez l’enfant en âge préscolaire en provoquant la carie dite « du biberon ».

L’enfant s’habitue aux saveurs sucrées dès sa première bouillie. Les parents peuvent cependant lutter contre cette tendance en lui faisant goûter des saveurs différentes dès son plus jeune âge. En lui faisant manger des mets variés non sucrés aux repas principaux et au goûter, ses parents lui garantissent une alimentation saine et, très jeune déjà, lui permettent de manger avec les adultes. Cette étape constitue un grand progrès dans son développement.

Au cours de ces dernières années les médecins-dentistes ont constaté que le nombre de petits enfants présentant une dentition totalement détériorée augmente de nouveau. Les gelées très sucrées et collantes destinées à faciliter l’éruption des dents ont un effet fatal. Elles sont en effet cariogènes pour la plupart d’entre elles. Il en va par ailleurs de même pour les sirops contre la toux dont la teneur en sucre avoisine les 30 %. Les thés instantanés utilisés pour calmer les enfants, activer la digestion, empêcher les ballonnements et apaiser la soif ont une teneur en sucre pouvant aller jusqu’à 90 % de sucre. Il est malheureux que certains parents aient aujourd’hui encore l’habitude de tremper la tétine du biberon dans du miel.

La carie du biberon, comme toutes les caries, est due à une consommation de sucre excessive associée à un manque d’hygiène bucco-dentaire et à la présence de bactéries (contenues dans la plaque). Les jeunes enfants que les parents calment avec un biberon à l’heure de la sieste, le soir avant de dormir ou tout au long de la journée souffrent tout particulièrement de cette forme de carie.

La stagnation de lait – qu’il soit maternel ou de vache – dans la bouche et la fermentation du lactose contribuent elles aussi au processus carieux. En conditions normales, le lait ne provoque pas de caries. Il pose cependant problème lorsqu’il est consommé de façon excessive, parfois jour et nuit, au-delà de l’âge normal du sevrage.

Il serait faux de croire que des dents de lait en mauvais état ne portent pas à conséquence. L’enfant qui les perd trop tôt risque de souffrir d’une mauvaise implantation des dents définitives. Par la suite, une telle malposition ne peut souvent être corrigée qu’au prix d’un traitement orthodontique long et coûteux (plusieurs milliers de francs). Des dents de lait saines assurent une bonne mastication et préparent la mise en place des futures dents permanentes. Aujourd’hui encore, les médecins-dentistes sont trop souvent confrontés à des abcès dus à une dentition de lait en mauvais état. De telles situations devraient pourtant définitivement appartenir au passé.

Soins dentaires scolaires

Les cantons oublient-ils leur responsabilité ?

Berne, le 23 décembre 2008 – Une enquête récente de la SSO sur la situation actuelle des soins dentaires scolaires le démontre : la plupart des cantons ont délégué aux communes la prise en charge de l’hygiène médico-dentaire des enfants et adolescents. Seuls quelques cantons réalisent sous leur propre responsabilité des programmes de prophylaxie. On constate des différences de plus en plus grandes entre cantons ruraux et régions urbaines. Les difficultés d’accès aux soins médico-dentaires s’accroissent pour les familles provenant de l’immigration.

Une enquête récente de la SSO sur la situation actuelle des soins dentaires scolaires le démontre : la plupart des cantons de Suisse alémanique ont confié la responsabilité des soins dentaires scolaires aux communes. Plusieurs cantons de Suisse romande, ainsi que le Tessin, réalisent sous leur propre responsabilité les programmes scolaires de prophylaxie, dans les Grisons, un contrat de prestation à cet effet a été attribué à la SSO.

La délégation des soins dentaires scolaires aux communes par des cantons de plus en plus nombreux représente un problème plutôt qu’une chance. Souvent, les communes ne s’acquittent qu’en partie de leur obligation, par absence de volonté, de moyens financiers insuffisants ou de manque d’information. Il en résulte des lacunes dans la prise en charge : aujourd’hui, les communes urbaines disposent en majorité d’un service de soins dentaires scolaires très professionnel. Elles peuvent offrir une grande palette de soins durant toute la scolarité. Les communes des régions rurales, elles, se limitent de plus en plus souvent à la remise de bons pour un contrôle annuel.

Le désintérêt croissant des autorités à l’égard des soins dentaires scolaires peut être illustré à l’exemple de la commune zurichoise de Wetzikon : l’automne dernier, la commission de l’école primaire a fait savoir qu’elle réduisait de moitié les visites des instructrices en soins dentaires scolaires, au motif que les leçons de brossage des dents feraient perdre des heures d’enseignement. Lorsque des prestations de prévention sont réduites, ce sont en général ceux des enfants et adolescents qui ont le plus grand besoin d’une prise en charge attentive qui seront les plus concernés. Une étude de l’Observatoire suisse de la santé a démontré que les enfants des familles provenant de l’immigration sont exposés à un risque nettement accru de caries.

Pour donner à tous les enfants et adolescents les mêmes chances de maintenir leurs dents en bonne santé, il faut un système de soins dentaires scolaires qui fonctionne bien. Le Société Suisse d’Odonto-stomatologie lance un appel aux cantons et aux communes pour qu’ils assument leur responsabilité de politique de la santé.

Pour tout renseignement complémentaire :

Felix Adank Service de presse et d'information de la SSO tél. 031 310 20 80

Dossier de presse Les cantons oublient-ils leur responsabilité ? (fichier pdf, 66 Ko) 23.12.2008 Dossier de presse Montrer les dents à la carie ! (fichier pdf, 71 Ko) 20.10.2008 Dossier de presse Vade-mecum pour les soins dentaires scolaires (fichier pdf, 51 Ko) 7.8.2006

Salive

Berne, le 14 octobre 1998. La salive, ce liquide d’apparence si anodine, est en fait un fluide très précieux. Ses propriétés ont été mises en évidence scientifiquement : son rôle protecteur est de la plus haute importance pour les dents et les gencives.

La salive est sécrétée par les glandes salivaires principales (parotides, sublinguales et sous-maxillaires) et par des glandes annexes sous-muqueuses. C’est un mélange complexe composé de 90 % d’eau, de protéines, d’électrolytes et de sels minéraux (calcium, phosphates, fluor, etc.). Le débit salivaire n’est pas constant et varie suivant les heures de la journée. Il est très ralenti entre les repas et interrompu pendant le sommeil. En 24 heures, une personne produit en moyenne quelque 600 à 1000 ml de salive.

La salive remplit de nombreuses fonctions et joue un rôle majeur dans l’équilibre du milieu buccal. Son rôle protecteur se révèle dans son aptitude à lubrifier les surfaces muqueuses et dentaires, à nettoyer les dents et à lutter contre les infections bactériennes, virales et mycosiques.

Les acides qui provoquent les caries sont un produit de la transformation des sucres de l’alimentation par les bactéries. En neutralisant les acides, la salive assure un rôle de régulation, et partant une protection contre la carie. Grâce aux ions minéraux qu’elle contient, la salive participe aussi à la reminéralisation des dents.

Ces différentes caractéristiques lui valent à juste titre d’être considérée comme un antidote naturel à la carie. De plus, la salive prépare la digestion des aliments et facilite l’articulation de la parole.

L’aptitude de la salive à transformer les aliments, à neutraliser les acides et à reminéraliser les dents est directement liée à la quantité de salive produite. Le débit salivaire est stimulé par la mastication.

Mâcher un chewing-gum sans sucre est un stimulant particulièrement efficace. La production de salive est également stimulée par la saveur des aliments (sucrés, salés, amers, acides). D’autres paramètres tels que l’âge, la consistance de la nourriture (une alimentation solide est plus stimulante) ou des facteurs psychologiques peuvent influer sur la sécrétion salivaire.

Toute augmentation du débit salivaire réduit le risque de carie.

Dents et tabac

Fumer nuit gravement à la santé – la muqueuse buccale et les dents sont aussi concernées

Berne, le 30 mai 2007. A l’occasion de la Journée internationale sans tabac, la Société Suisse d’Odonto-stomatologie SSO rend attentif aux risques que le tabac fait courir à la cavité buccale et aux dents. Fumer ne nuit pas qu’aux poumons et au système cardio-vasculaire, la muqueuse buccale, les gencives et les dents sont également concernées. Les lésions buccales résultant de la dépendance nicotinique sont variées et vont de modifications bénignes à d’autres pouvant mettre la vie en danger. Pour la santé bucco-dentaire également, la SSO recommande de renoncer au tabac.

La fumée attaque la muqueuse buccale, l’os maxillaire et les dents. Les lésions qui en résultent vont d’une susceptibilité nettement augmentée aux inflammations gingivales à l’atrophie des gencives (parodontite) : c’est la raison pour laquelle, à long terme, les fumeurs perdent plus souvent des dents que les non-fumeurs. Les substances toxiques les plus importantes sont les hydrocarbures aromatiques et les N-nitrosamines spécifiques au tabac (TSNA): elles sont assimilées par la muqueuse buccale et exposent les fumeurs à un risque significativement augmenté de cancer de la cavité buccale, du pharynx ou du larynx. La fumée provoque la formation de poches gingivales, fragilise la trame osseuse du maxillaire et favorise la plaque et les caries, tout particulièrement les caries radiculaires des collets dentaires mis à nu.

Combiné à la consommation d’alcool, l’abus de tabac est encore plus nocif : une consommation chronique d’alcool modifie la perméabilité de la muqueuse, notamment aux substances cancérigènes du tabac. En cas de consommation combinée de tabac et d’alcool, le risque de développer un cancer de la cavité buccale ou du pharynx est cinq à six fois plus grand que chez les non-fumeurs et les non-buveurs. Quant aux hommes, ils présentent un risque dix à quinze fois plus élevé que les femmes. En Suisse, on enregistre annuellement quelque 1000 nouveaux cas de cancer de la bouche ou du pharynx (carcinome oro-pharyngé) responsables d’environ 400 décès dans les cinq années qui suivent le diagnostic – cela est principalement dû au fait que les tumeurs situées dans la région de la langue, du palais et de la mâchoire sont diagnostiquées trop tardivement. C’est la raison pour laquelle la SSO recommande à tous les fumeurs de se faire contrôler régulièrement par un médecin-dentiste.

La cigarette augmente non seulement les dépenses en soins médico-dentaires, elle agit aussi défavorablement sur le cours du traitement. Ainsi, après une extraction dentaire par exemple, les plaies des fumeurs guérissent sensiblement plus lentement que celles des non-fumeurs. Dans le cas de traitements d’implants oraux, les complications, en particulier au niveau de la mâchoire supérieure, sont nettement plus fréquentes et peuvent aller de l’inflammation des tissus adjacents (péri-implantite) jusqu’à la perte de l’implant. Le taux d’échec en implantologie est significativement plus élevé chez les fumeurs que chez les non-fumeurs. Arrêter de fumer permet cependant d’améliorer les perspectives de succès.

L’abus du tabac a pour autres conséquences de modifier la couleur des dents, d’altérer l’odorat et le goût et de favoriser l’apparition d’infections opportunistes à champignons microscopiques dans la cavité buccale. La Société Suisse d’Odonto-stomatologie encourage par conséquent les fumeurs à renoncer à la cigarette, au cigare et à la pipe. Ils s’éviteront ainsi des affections buccales et, le cas échéant, favoriseront la guérison complète de celles-ci.

L’équipe du cabinet dentaire offre son aide aux fumeurs qui souhaitent s’affranchir du tabac : le cabinet dentaire est l’un des endroits où l’on peut se renseigner sur les traitements médicamenteux (substitution nicotinique) et les mesures destinées à modifier le comportement ou de décider de recourir à une consultation spécialisée dans le sevrage du tabac. Les chances de succès sont bonnes : demandez conseil à votre médecin-dentiste SSO.

Modifications de la cavité buccale occasionnées par la consommation de tabac

  • Carcinome de la cavité buccale
  • Leucoplasies orales (modifications tissulaires, stade précancéreux)
  • Autres modifications des muqueuses provoquées par le tabac
    • palais du fumeur
    • mélanose du fumeur (coloration foncée de la muqueuse buccale)
  • Affection parodontales (inflammations des gencives, parodontite, abcès)
    • perte de substance osseuse au niveau maxillaire
    • perte dentaire prématurée
    • risque augmenté de perte d’implant
  • Perturbations de la guérison des plaies
  • Répercussions dues au tabac au niveau des dents et de la langue
    • modifications de la couleur des dents
    • modifications de la couleur de la langue
    • langue noire villeuse (langue « chevelue »)
  • Autres perturbations dues au tabac
    • halitose (mauvaise haleine)
    • affections dues à des champignons microscopiques
Pour tout renseignement complémentaire : Félix Adank, Service de presse et d’information de la SSO, tél. 031 310 20 80.

Dents de sagesse

Berne, le 4 mars 1999. Les dents de sagesse sont la troisième série de molaires. Elles poussent dans le fond de la cavité buccale, vers l’âge de 18 à 20 ans. Dernières arrivées, ces dents sont pourtant celles qui font le plus parler d’elles. Lorsqu’elles évoluent normalement, les dents de sagesse peuvent se garder jusqu’à un âge avancé, tout comme les autres dents. L’éruption des dents ressemble parfois au jeu de chaises musicales. Les dents poussent l’une après l’autre et chacune prend la place qui lui est réservée. Le problème de la dent de sagesse, c’est qu’elle est la dernière à pousser et qu’il arrive qu’elle n’ait plus suffisamment de place.

Les dents de sagesse peuvent engendrer divers problèmes. Il arrive que, par manque de place, elles modifient l’alignement dentaire existant. Le problème qui en découle est encore aggravé lorsque cet alignement n’était déjà pas parfait au départ. Aujourd’hui, l’éruption des dents de la plupart des enfants est suivie régulièrement dans le cadre des soins dentaires scolaires. Lorsque cela s’avère nécessaire, les enfants se soumettent à un traitement orthodontique pour que leurs dents soient parfaitement alignées. L’éruption des dents de sagesse vient parfois perturber ce bel équilibre et réduire tous ces efforts à néant. Il arrive aussi qu’une dent de sagesse soit incluse dans le maxillaire et ne parvienne pas à percer. Lorsqu’elle est inclinée, elle risque de résorber la racine de la deuxième molaire définitive placée devant elle.

En raison de leur localisation au fond de la cavité buccale, le brossage des dents de sagesse n’est en outre pas aisé, cela d’autant plus lorsqu’elles sont partiellement recouvertes par la gencive qui empêche un nettoyage parfait. Dans certaines conditions, les dents de sagesse peuvent provoquer des infections qui affectent la santé générale du patient.

Lorsque le médecin-dentiste constate que les dents de sagesse ne disposeront pas de suffisamment de place sur l’arcade, il conseille de les extraire avant leur éruption. Une telle extraction est généralement effectuée sous anesthésie locale. Grâce aux antidouleurs et aux anti-inflammatoires, les suites postopératoires ne posent guère de problèmes.

Hypersensibilité dentaire

Berne, le 4 mars 1999. Manger une glace vous fait grimacer ? L’eau froide vous torture ? Vous devez garder la bouche fermée en hiver lorsque l’air est froid ? Les personnes qui souffrent d’hypersensibilité dentinaire ou dentaire connaissent bien ces symptômes.

La dent est vivante. Elle abrite le tissu vivant d’où elle est issue : la pulpe. Celle-ci est notamment parcourue de veines, d’artères et de nerfs qui se faufilent dans de minuscules canaux et irradient du centre de la dent jusque dans la dentine. Dans ces millions de canaux, des fluides prolongent les terminaisons nerveuses. Lorsque ces fluides sont déplacés par la chaleur, le froid ou le sucre, ils provoquent une réaction de sensibilité.

Heureusement, l’embouchure de ces millions de canaux est normalement protégée par la couche d’émail. Mais au collet de la dent – là où la couche d’émail est très fine – et au début de la racine – là où l’émail s’arrête – les stimuli se sentent davantage. Tel est le cas des personnes qui souffrent ne fût-ce que d’un léger retrait de la gencive, ou de celles dont les collets sont érodés, notamment à la suite de brossages traumatiques (brosse trop dure manipulée avec trop de force, utilisation de dentifrices ou de poudres avec un fort pouvoir abrasif).

Par souci d’exhaustivité, il faut encore mentionner l’hypersensibilité qui peut intervenir après un détartrage approfondi. Il arrive en effet qu’un détartrage crée une hypersensibilité chez les patients dont les collets sont déjà largement découverts (rétraction gingivale) puisque les racines de leurs dents sont très exposées.

Les réactions d’hypersensibilité sont inquiétantes et font croire au patient qu’une carie se développe alors qu’il n’en est rien. L’hypersensibilité dentaire n’est en aucun cas un signe avant-coureur de la carie. Cela étant, la douleur ne constitue de toute manière pas un bon signal d’alarme pour la carie : lorsque la douleur est là, il est trop tard, car la carie a déjà atteint la pulpe de la dent.

Partant, il est important de s’assurer qu’il n’y a pas de lésion carieuse. Le traitement de l’hypersensibilité dentaire commence donc par un examen soigneux au moyen de radiographies.

Il n’existe aucun traitement universel des cas d’hypersensibilité. Il faut parfois essayer plusieurs méthodes avant de trouver la bonne solution. L’arsenal du médecin-dentiste comporte des gels, des vernis et autres substances protectrices. Ces traitements sont à essayer, à alterner et, le cas échéant, à répéter. Ils doivent être accompagnés par l’utilisation quotidienne d’un dentifrice spécifique dont les effets se feront sentir après trois ou quatre semaines.

Prospectus SSO no 1021 Zahnhälse – Die Behandlung überempfindlicher Zahnhälse (fichier pdf, 48 Ko) seulement en allemand

Protège-dents pour sportifs

Berne, le 2 juin 1999. Le sport et les jeux font partie des activités normales des enfants qui n’ont souvent pas conscience des dangers et des risques inhérents à ces délassements. Les lésions dentaires subies lors d’un accident risquent d’être irréversibles. Même des restaurations prothétiques, onéreuses de surcroît, ne peuvent prétendre restituer la solidité initiale à 100 %.

Ce sont surtout les dents antérieures et les lèvres qui souffrent lors de chutes, de coups ou de contacts brutaux. Pour certains sports il existe des protections externes telles que le casque (plus ou moins intégral) ou le masque. Une protection dento-maxillaire interne s’avère cependant indispensable dans de nombreux cas ; le sportif doit alors porter un protège-dents qui absorbe les chocs. Le rôle de ce dispositif est multiple : il protège les dents antérieures d’un coup direct, prévient les dommages des dents postérieures qui s’entrechoquent ou entament la langue lors d’un coup porté au menton et isole les tissus mous (tels que la langue ou les lèvres).

Le protège-dents doit être conçu de manière à ce que le sportif puisse respirer par la bouche, dents serrées, avaler facilement sa salive et parler.

Le port d’un protège-dents est indispensable pour les enfants en traitement orthodontique. En effet, leur appareil fixe comporte des reliefs externes qui peuvent facilement blesser les lèvres ou la muqueuse buccale.

Le modèle standard qui est vendu dans les magasins de sport s’adapte difficilement et son port est inconfortable. Il offre donc une protection insuffisante. Le protège-dents semi-adaptable qui se modèle en bouche après ramollissement dans de l’eau chaude, est plus efficace. De plus, il existe en plusieurs tailles. Cela étant, le protège-dents le plus sûr est celui que le médecin-dentiste confectionne à partir de l’empreinte individuelle des deux arcades dentaires et qui peut être renforcé sur sa face externe par un bandeau métallique.

Malgré toutes les précautions, il arrive qu’un choc violent provoque l’expulsion d’une dent (souvent une incisive supérieure). Bien que le pronostic d’une réimplantation soit incertain à long terme, il faut néanmoins la tenter. La dent réimplantée sera fonctionnelle et esthétique et permettra en outre d’éviter d’entraver le développement maxillo-facial normal du jeune patient. En l’absence de traitement, un déplacement spontané des autres dents n’est pas à exclure.


Que faire en cas d’accident dentaire ?
Lorsque les conditions sont favorables, il est possible de remettre une dent expulsée en place avec succès. Il faut absolument éviter de nettoyer ou de désinfecter la dent extraite. Il faut la tremper dans une solution physiologique ou du lait et se rendre le plus rapidement possible chez le médecin-dentiste. Ne toucher la dent que par la couronne ! S’il n’y a pas de solution physiologique ou de lait, transporter la dent dans un mouchoir humide (jamais en papier !), voire dans la bouche. Si l’accidenté est un enfant, sa mère peut transporter la dent dans sa bouche pour lui éviter de l’avaler.

Pour de plus amples informations :

Voir "Accidents dentaires"
sous "Infos patients"

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